Les chiffres clés des déchets ménagers du GEDEM 77

Sur le territoire du GEDEM 77, pour l’année 2014, il est à noter une production moyenne de 556 kg de Déchets Ménagers Assimilés (DMA)1 par habitant et par an.

Bien que les actions de prévention permettent à certains syndicats de réduire leur fraction d’ordures ménagères résiduelles, il est constaté en 2014 une hausse globale (2,5%) de la quantité de DMA produits par rapport à l’année 2013 essentiellement liée à l’augmentation des quantités de déchets verts collectés et aux apports en déchèteries ; particulièrement en milieu semi-urbains et ruraux.

Ainsi, les quantités produites annuellement sont variables d’un territoire à l’autre, allant de 461 Kg à 639 kg de DMA par habitant et par an.

La moyenne des quantités de DMA produits sur le territoire du GEDEM 77 est au-dessus de la moyenne de la Région Île-de-France qui est 462 kg de DMA par habitant et par an (dernières données connues de l’ORDIF2 publiées en 2013) mais en dessous de la moyenne nationale qui est de 570 kg de DMA par habitant et par an (dernières données connues de l’ADEME3 publiées en 2013).

 

GEDEM 77

556 kg/hab./an

Île-de-France

462 kg/hab./an

National

570 kg/hab./an

 

1 DMA : Déchets Ménagers Assimilés : ordures ménagères + collectes sélectives (emballages, papiers, verre, biodéchets) + déchets occasionnels (encombrants, déchets verts et déchets collectés en déchèteries).

2 ORDIF: Observatoire Régional des Déchets d’Ile de France

3 ADEME : Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie

Nouvelle filière des DDS : mise en œuvre complexe pour les collectivités

ÉcoDDS est l’éco-organisme opérationnel dédié aux DDS (Déchets Diffus Spécifiques) des ménages agréés par l’état en date du 20 avril 2013. La majorité des collectivités adhérentes au GEDEM77 a signé la convention avec ÉcoDDS et mis en place le nouveau dispositif de tri et collecte des DDS des ménages apportés sur les déchèteries.

Aussi, dorénavant, deux types de déchets dangereux des ménages des déchèteries sont triés et collectés séparément. Les DDS dont le transport et le traitement sont assurés par l’éco-organisme ÉcoDDS et les autres déchets dangereux des ménages n’étant pas pris en compte par ÉcoDDS et dont le transport et le traitement restent à la charge de la collectivité. La prise en charge par l’éco-organisme permet aux collectivités de réaliser des économies conséquentes puisqu’elle représente jusqu’à 60% du coût total de traitement des DDS.

Dans un premier temps, les collectivités du GEDEM77 ont globalement rencontré des difficultés lors de la mise en œuvre de la nouvelle filière des DDS. Ces difficultés notamment liées à des problèmes de place et de stockage des DDS sur les déchèteries, à une complexité du tri des DDS et d’identification des produits entrant dans le dispositif ÉcoDDS ainsi qu’à des produits non clairement identifiés entraînent des non-conformités et des arrêts de collecte des DDS de la part d’ÉcoDDS.

Afin de répondre pleinement aux exigences de qualité du tri demandées par ÉcoDDS et de résoudre les problématiques rencontrées, le SMITOM-LOMBRIC teste depuis un an une solution d’externalisation du tri des déchets dangereux.

La situation semble s’améliorer et se stabiliser pour l’ensemble des collectivités.

Un nouvel éco-organisme pour les meubles : ÉcoMobilier

Pour répondre à l’objectif de recyclage et de valorisation des déchets d’ameublement de la loi Grenelle II, 24 distributeurs et fabricants français de meubles ont créé Éco-Mobilier en décembre 2011. Éco-organisme à but non lucratif, il organise la filière de collecte et de valorisation du mobilier usagé, par la réutilisation, le recyclage ou encore la valorisation énergétique. Il se donne pour objectif d’atteindre le taux de 45% de recyclage d’ici fin 2015 et 80% de valorisation à l’horizon 2017.

En contractualisant avec Éco-Mobilier les collectivités ont le choix entre deux options de soutien financier :

– Un contrat de soutien financier (CSF) : les opérations de la collectivité sont financées dès qu’elle atteint des taux de recyclage fixés pour chaque fraction de la filière ;

– Un contrat territorial de collecte du mobilier (CTCM) pour les collectivités qui transféreront à Éco-Mobilier la prise en charge du tri et du recyclage de ses déchets d’éléments d’ameublement (DEA), au travers de la mise en place d’une collecte séparée, dans une benne dédiée au mobilier.

Le SIRMOTOM, faute de place pour accueillir une benne spécifique, et le SMITOM Nord Seine-et-Marne, dans l’attente de la réhabilitation de ses déchèteries, ont souscrit dans un premier temps un contrat de soutien financier. Les autres syndicats membres du GEDEM 77, les SMETOM, SMITOM-LOMBRIC, SIVOM, SIETOM et SIETREM ont quant à eux contractualisé la collecte du mobilier.

Pour beaucoup les démarrages ont été difficiles avec notamment des retards dans les mises en œuvre. Ainsi le SIVOM attend toujours que soit opérationnelle la collecte dans sa déchèterie principale de Varennes-Jarcy. Les syndicats font également face à de fréquents débordements. Pour y pallier le SMETOM de la Vallée du Loing a dû accepter que les collectes soient effectuées les jours de fermeture, et le SIETOM, dans l’attente d’une seconde benne, doit rebasculer 30% des apports de mobilier dans le tout-venant.

Les déclarations apparaissent également problématiques. Contraignantes et chronophages, elles exigent de fournir une importante quantité de documents et les tableaux s’avèrent fastidieux à renseigner.

Les syndicats sont malgré tout prêts à poursuivre le déploiement. Les tonnages sont importants et semblent en progression. Le SMETOM a par exemple collecté au premier semestre 2015 déjà 185 tonnes sur deux déchèteries, quand le tonnage annuel théorique était estimé à 205. Il ne reste plus qu’à espérer que l’éco-organisme puisse suivre le mouvement et continuer l’équipement en bennes mobilier.

Gestion des déchèteries

Des enjeux majeurs

Contrôle d’accès

L’ensemble des collectivités du GEDEM 77 est confronté à une constante augmentation des tonnages collectés sur leurs déchèteries ces dernières années causée notamment par des usages frauduleux des cartes d’accès.

Afin de contrôler de façon fiable et exhaustive tous les accès en déchèterie, les collectivités ont donc mis en place différents systèmes de contrôle et revu leurs modalités d’accès aux déchèteries. Ces dispositions ont pour objectif premier de réserver l’accès gratuit des déchèteries, tout en limitant les apports, aux seuls usagers particuliers puisque ce sont eux qui financent leur exploitation dans le cadre de la TEOM (Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères).

La plupart des syndicats du GEDEM 77 ont mis en place des systèmes d’accès à leurs déchèteries avec badges. Le principe étant de délivrer un badge à chaque foyer sur présentation d’un certain nombre de justificatifs selon les cas (justificatif de domicile, carte d’identité…).

Comme le SMITOM Nord, le SMITOM-LOMBRIC a décidé d’associer chaque foyer particulier à son numéro fiscal, codification unique qui permet de lutter contre les usages frauduleux des badges d’accès (un seul badge par foyer). Au delà d’un certain nombre de droits d’accès / volume de déchets déposés en déchèterie par an, l’usager particulier est alors facturé.

Le SIVOM a mis en place un système d’accès par lecture des plaques minéralogiques. Une caméra scanne la plaque des véhicules, si la voiture a été enregistrée, la barrière s’ouvre automatiquement. Les dépôts n’étant pas limités en volume ou en nombre de passages pour les particuliers.

 

Sécurisation 

Les vols et dégradations sont également un problème récurrent dans la gestion des déchèteries. Différentes mesures ont été prises par nos syndicats.

La vidéo surveillance est largement utilisée. Elle a permis certaines arrestations dans les déchèteries du SMETOM ou du SIVOM et une baisse du nombre de vols dans tous les cas. Il est à noter cependant que les malfaiteurs se rabattent rapidement sur des sites non-équipés.

Le SIETREM l’expérimente sur 2 de ses sites. Le SMITOM Nord mène également une réflexion pour sécuriser ses sites grâce à de la vidéo surveillance.

Le renforcement de la sécurisation des espaces de stockage fait aussi partie des solutions retenues :
dispositif anti-vol pour les stocks de batteries, création de locaux «anti-effraction» pour le stockage des Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques (D3E)…  Si tous ces dispositifs font baisser le nombre de vols dans un premier temps, les voleurs finissent souvent par venir à bout des sécurités mises en place.

Mais les dégradations matérielles et les vols ne sont pas les seules exactions que subissent nos déchèteries, parfois le personnel même est menacé. La déchèterie de Chanteloup (SIETREM) a ainsi dû fermer deux semaines suite à des menaces reçues par le gardien !

Des partenariats entre les collectivités et la police nationale ont montré leur efficacité par le passé au niveau de la sécurisation des déchèteries à la suite d’infractions et seraient donc une piste à développer.

Le compostage des ordures ménagères, deux modes de traitement en évolution

Le SIVOM traite les biodéchets ainsi que la part des fermentescibles contenue dans les ordures ménagères par le procédé de méthanisation.  

Lors de la conception du centre de traitement il était prévu de produire deux types de compost : l’un issu des biodéchets collectés en porte à porte (végétaux, cartons et restes alimentaires). Et l’autre issu de la part organique triée, contenue dans les ordures ménagères.  

Or le compost issu des ordures ménagères est de très bonne qualité, grâce au tri mécano-biologique du centre de traitement. Il répond aux critères de la norme NFU44-051, alors que le compost issu des biodéchets triés par les usagers était souvent pollué par des indésirables (sacs poubelles, emballages alimentaires…) 

Pour beaucoup d’usagers les bacs marrons n’étaient destinés qu’aux déchets végétaux, en conséquence, le taux de présentation des bacs en hiver était seulement de 18%. De ce fait, les coûts de collecte à cette période étaient trois fois plus élevés.  

Il a donc été décidé de suspendre la collecte des biodéchets en porte à porte durant les mois d’hiver et de faire évoluer les consignes de tri  : 

Seuls sont désormais acceptés dans les bacs marrons, le gazon, les feuillages et les tailles de haies. Ainsi les coûts de collecte sont maîtrisés, et le fonctionnement du centre de traitement est optimisé. 

Le SIETOM a choisi de traiter ses ordures ménagères par compostage depuis l’arrêt de son unité d’incinération en 2000. Ce choix a été motivé par la possibilité d’obtenir un produit, le compost, amendement riche en matière organique, et utile à l’agriculture.  

L’achèvement de la modernisation de son usine de compostage permettra en 2012 d’obtenir un produit répondant à la norme NFU44-051 et satisfaire ainsi les 17 exploitations agricoles Seine-et-Marnaises réparties sur 35 communes. Ce compost permettra le retour à la terre de la matière organique sur plus de 2 400 hectares.